IFSI Épreuve de Culture générale : Sujets et corrigés-types

1. Epreuve de culture générale : méthodologie

L’épreuve de culture générale au concours IFSI consiste à étudier un texte relatif à l’actualité sanitaire et sociale suivie de questions permettant au candidat de présenter le sujet, de situer le contexte, et d’en commenter les éléments et de donner un avis structuré sur le sujet.

Propos de l’épreuve

L’épreuve consiste à l’étude d’un texte relatif à l ’actualité dans le domaine sanitaire et social.
Durée de l’épreuve: 2 heures; note sur 20

Répartition des points
15 points pour le fond : la pertinence et la rigueur des réponses.
5 points pour la forme: syntaxe, orthographe, présentation de la copie, langage et
style adaptés, vocabulaire , respect des consignes.

L’épreuve est un texte ( un article de presse, extrait de magazine, de rapport, d’études…),suivie de questions: généralement 3 questions

Les questions sont généralement libellées ainsi:

Question 1: Dégagez les idées principales du texte en les reformulant sous la forme structurée et rédigée. C’est une sorte de résumé de texte , aucune paraphrase n’est tolérée. Vous devez être bref et restez fidèle au texte Réponse entre 20 à 30 lignes

Question 2: Commentez une partie du texte en vous appuyant sur le texte et sur vos connaissances. La culture générale et la rigueur de la réponse sont fortement appréciées. Votre réponse doit être structurée et cohérence Réponse entre 20 à 30 lignes

Question 3: Consiste à disserter sur une affirmation ou une citation extraite du texte : rédigez votre réponse en 20 à 30 lignes comportant une introduction, un développement et une conclusion

Méthodologie de la dissertation

La dissertation est un exercice d’écriture structuré comportant : une introduction, un développement et une conclusion. Ces 3 parties sont séparées entre elles par au moins une ligne.

L’introduction doit introduire le sujet, définir les mots clés ou concepts du sujet et annoncer le plan (1 Point ).
Le développement doit comporter au moins 3 arguments pertinents favorables et/ou défavorables. Les arguments peuvent être étayés par des exemples concrets. (1 point par argument)
La conclusion: c’est une sorte de synthèse du développement. Elle doit obligatoirement comporter une prise de position (1 point)

2. Sujet 1: Les  » alimentations particulières « , la fin du repas partagé?

A force d’avoir chacun son régime, va-t-on finir par manger tout seul dans son coin? Même si manger est toujours un acte extrêmement social, de plus en plus de gens adoptent volontairement des «alimentations particulières» (sans viande, sans gluten, sans cuisson, etc.), pour des raisons diverses, éthiques, politiques, spirituelles, de bien-être… La commensalité (le fait de manger ensemble) peut alors être remise en cause. Va-t-on bientôt manger chacun dans son coin? A la suite du colloque «Les alimentations particulières» de l’OCHA (Observatoire Cniel des habitudes alimentaires), un groupe de chercheurs, sous la direction de Claude Fischler, sociologue et directeur de recherche au CNRS, vient de publier l’ouvrage Les Alimentations particulières, Mangerons-nous encore ensemble demain?, aux éditions Odile Jacob. Dans une perspective interdisciplinaire, en sciences humaines et biomédicales, le livre décrypte ainsi le constat suivant: «Si une minorité de la population est soumise à des exclusions alimentaires pour des raisons médicales réelles impliquant des contraintes très lourdes voire discriminantes, dans la plupart des cas il s’agit de choix personnels volontaires vécus comme une liberté, voire une libération.»

Mangeur social
Pourquoi et comment? Déjà, il faut souligner le caractère hétéroclite des «alimentations particulières». Parce que les raisons sont très diverses et variées. Tout comme les façons de mettre en place ces manières de manger, avec un groupe ou bien comme un choix solitaire. Ou les deux: par exemple si on est le seul dans son groupe d’ami à adopter un régime sans gluten, mais qu’en parallèle on retrouve une «communauté» sur le web ou dans les restaurants spécialisés. Mais tous ces choix peuvent impliquer d’accepter «une “exclusion” ou une extraction, volontaire ou non du cercle des convives, du repas partagé, une exception ou une revendication de l’individu par rapport à la collectivité». Car comme le soulignait Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, lors de la présentation de l’ouvrage, l’être humain est un mangeur omnivore, intermittent, gourmand et social.

Allergies multiples
L’ouvrage s’attarde sur de nombreuses «alimentations particulières». Par exemple, l’allergie alimentaire touche 3,4% des Français. Une grande différence avec les 30% de personnes qui se disent allergiques, auto-diagnostiqués. Les chercheurs identifient alors certaines croyances, pour que médecins et patients se comprennent mieux. En parallèle, les «vrais» allergiques ou intolérants souffrent de leur alimentation particulière forcée et de ne pas pouvoir manger avec les autres, selon les témoignages recueillis. Souvent, les parents rusent pour maintenir la commensalité pour leur enfant.

Régime préhistorique…
Les régimes, quels qu’ils soient, relèvent aussi des alimentations particulières telles qu’analysées dans l’ouvrage. Des régimes plus ou moins farfelus et basés sur des connaissances pas toujours fondées. Jean-Denis Vigne, archéologue et biologiste, s’est ainsi plus particulièrement penché sur le régime préhistorique, qui connaît un succès croissant, surtout aux Etats-Unis. Un régime qui prône le retour à la nourriture de nos ancêtres, avec la suppression du sel, du sucre, du lait et des céréales, mais 30% de viandes (surtout du gibiers), abats et poissons, et 70% de «noix» diverses, légumes fruits, baies, et tubercules…
Il confronte alors «l’image populaire» de l’alimentation préhistorique, et «les savoirs scientifiques accumulés par l’archéologie». Eh bien, ce sont deux réalités très différentes. D’abord parce qu’«une multitude» d’espèces se sont succédé chez les hommes préhistoriques, avec des régimes différents. Et ensuite parce que nos ancêtres ont toujours adapté leur alimentation aux lieux où ils se trouvaient, en fonction des époques.

… Ou régime amaigrissant
Jean-Michel Lecerf aborde quant à lui «les dessous des régimes amaigrissants: raisons et déraisons». Il rappelle les conclusions de l’ANSES et évoque les «effets indésirables des régimes»: troubles du comportement alimentaire, reprise de poids, «réduction de la masse maigre et du métabolisme de base, la masse maigre contenant bien sûr les muscles, mais aussi les os!», perturbations somatiques ou comportementales, voire repli sur soi…
Il l’affirme: «Il est clair que l’omnivore est en perpétuel questionnement sur ce qu’il doit manger et que ceci peut être source d’embarras, voire d’anxiété. Etre au régime peut être une façon de ne pas se poser de question, voire de conjurer des peurs alimentaires.» En quelque sorte, quand on ne sait plus ce qu’on mange, on essaye de se réapproprier notre alimentation en choisissant nos propres critères et particularismes. Lors de la présentation de l’ouvrage, il rappelait que «l’aliment nous fait d’abord du bien, avant de nous empoisonner! Les alarmistes disent bonne chance à la place de bon appétit, je n’en suis pas..Selon lui, on a exagérément médicalisé l’alimentation: «Il n’y a ni aliment parfait, ni aliment mauvais. Il faut démédicaliser l’alimentation et remédicaliser la prise en charge de l’obésité.» Encore plus excluantes, l’orthorexie, l’obsession du bien manger, thème développé par Camille Adamiec, ou les peurs alimentaires.

Individualisation et resserrement des liens
Les chercheurs se demandent donc si ces revendications d’alimentations différenciées remettent en cause le partage et la commensalité… Il semblerait que manger différemment ne sonne quand même pas encore la mort du lien social par la table. C’est Jean-Pierre Poulain, sociologue de l’alimentation, qui clot l’ouvrage, avec un éventail des évolutions des modèles alimentaires. Ces changements «retravaillent, réorganisent, reformatent l’espace social alimentaire. Parmi eux, certains favorisent l’individualisation, d’autres retendent ou renouent des liens avec différentes catégories d’acteurs». Parmi les changements qui renouent des liens, on trouve «la patrimonialisation de l’alimentation et la gastronomisation des cuisines paysannes» et tout ce qui s’en suit (solidarité intergénérationnelle,
protection et valorisation), la politisation (qui fait émerger la figure du mangeur citoyen), ou le développement des préoccupations environnementales… La médicalisation favoriserait l’individualisation. Elle nous projette seul face à notre façon de manger, «particulière» ou non, à penser si tel ou tel aliment sera bon pour notre corps. Chacun individualise son assiette, mais cela ne veut pas forcément dire que chacun mange dans son coin. Et de conclure avec le défi pour le futur : «Articuler et réarticuler sans cesse le « fait nutritionnel” qui au fur et à mesure que les connaissances avanceront –par l’identification de facteurs personnels de risque– va promouvoir inéluctablement l’individualisation du rapport à l’alimentation, avec le “fait alimentaire” qui nous rappelle que manger, au-delà du nutritionnel, est un acte de partage, un acte social, un acte de sens qui s’inscrit dans des cadres culturels. Un acte qui tire des fils entre les hommes dans le présent comme dans le passé et le futur, dans la proximité comme dans la globalité. Fait nutritionnel et fait alimentaire, deux dimensions qui participent au bien-être et à la santé des mangeurs humains et à la qualité du vivre ensemble.»

Réconcilier «fait nutritionnel» et «fait alimentaire», vaste défi. Pour que l’on continue à manger tous ensemble, tout en se préoccupant du contenu de nos lasagnes. Et pour que l’individualisation potentielle de nos assiettes ne menace pas la convivialité.

Aujourd’hui, à 13h, la moitié des Français sont à table, donc a priori plutôt ensemble. Parallèlement, pour le moment, manger seul n’est pas forcément bien accepté dans nos cultures. Ceci dit, le premier restaurant éphémère spécialement conçu pour manger seul vient d’ouvrir à Amsterdam, avec comme objectif de briser un tabou social. Plus de honte à demander une table pour une personne, sous le regard plein de compassion des familles et des couples, car le restaurant ne propose que cela, rapporte le site Design Taxi. L’endroit s’appelle «Eenmaal» et n’a ouvert que pour deux jours. Le restaurant éphémère se veut être une véritable expérience plus qu’un simple lieu de restauration. L’initiatrice Marina van Goor explique sur Pop Up City: « »Eenmaal » est un restaurant comme les autres, mais une chose est totalement différente: on y trouve seulement des tables pour une personne ici. « Eenmaal » est une expérience excitante pour ceux qui ne sortent jamais dîner seuls, ainsi qu’une opportunité attrayante pour ceux qui dînent souvent seuls au restaurant.» Le restaurant doit faire partie d’une plus grande opération visant à briser le tabou que représente le fait de dîner seul, selon l’organisatrice de l’événement.

QUESTIONS
Présentation, respect des consignes et orthographe : (5 POINTS)
QUESTION 1 : (5 POINTS)
Dégagez dans le texte trois idées principales qui favorisent « les alimentations particulières »
Consigne : Votre réponse devra être structurée et rédigée
Rédigez votre réponse entre 15 et 20 lignes et évitez les paraphrases

QUESTION 2 : (5 POINTS)
En vous appuyant sur le texte (dont les données chiffrées) et sur vos connaissances, commentez l’extrait ci-dessous : «Si une minorité de la population est soumise à des exclusions alimentaires pour des raisons médicales réelles impliquant des contraintes très lourdes voire discriminantes, dans la plupart des cas il s’agit de choix personnels volontaires vécus comme une liberté, voire une libération.»
Consigne : – rédigez votre réponse entre 15 et 20 lignes

QUESTION 3 : (5 POINTS)
Croyez-vous à la thèse selon laquelle on va vers la fin du repas partagé en France ?
Argumentez votre réponse (3 arguments minimum sont attendus).
Consignes : – rédigez votre réponse en 25 à 30 réponses,
– Votre réponse devra comprendre une introduction, un développement et une conclusion

 

3. Corrigé-type 1: Les “alimentations particulières », la fin du repas partagé?

QUESTION 1

La commensalité ou le fait de manger ensemble est une habitude fortement ancrée dans nos sociétés modernes. Pourtant, aujourd’hui, des comportements souvent individualistes tendent insidieusement à favoriser les alimentations particulières, c’est-à-dire le fait de manger différemment et seul à l’écart des autres. Certains tirent la sonnette d’alarme et s’inquiètent du risque de voir progressivement disparaître la norme sociale, notamment en France, qui consiste à manger ensemble. Parmi les comportements contraires à la commensalité, il y a bien évidemment les allergies, qu’elles soient avérées ou auto-diagnostiquées. Il y a aussi les régimes alimentaires préhistoriques, très développés aux USA. C’est un régime radical qui recommande de revenir à la nourriture de nos lointains ancêtres, les premiers hommes. Les régimes amaigrissants portent également un sérieux coup à la commensalité. Pour l’apparence physique, certaines personnes n’hésitent pas à sélectionner leur nourriture et choisissent de manger seul.

QUESTION 2

L’homme a besoin d’être en communion avec ses semblables et cette interaction avec les autres passe entre autres par le partage du repas. En France, certaines personnes sont soumises à des exclusions alimentaires suite à un avis médical. Cela concerne heureusement une petite partie de la population. Pour une personne concernée par ce type d’exclusion et pour son entourage, le fait de ne plus manger avec les autres est difficile à vivre. Cela peut déboucher sur une dépression, à un sentiment d’être rejeté par les autres. Les exclusions alimentaires imposées sont donc souvent mal vécues. Les rechutes ne sont pas rares. En effet, certaines personnes, comme un acte de rébellion, ignorent les exclusions alimentaires imposées. Dans la majorité des cas, l’alimentation particulière est décidée en toute autonomie. On choisit et revendique volontiers ses exclusions alimentaires. Souvent, c’est une décision individuelle mûrement réfléchie. Si cela peut déstabiliser les autres, surtout les proches, la personne concernée ne souffre aucunement et reste fidèle à son engagement. Pour son bien-être personnel, pour se libérer de certaines contraintes, elle change radicalement ses habitudes alimentaires. Dans nos sociétés modernes marquées par l’individualisme à outrance, ce type de démarche risque de se développer. L’alimentation n’est plus liée à une transmission culturelle mais elle marque l’expression d’un choix réfléchi et assumé.

QUESTION 3

La commensalité, que l’on peut définir comme le fait de manger ensemble, est l’un des socles de nos sociétés actuelles. Pourtant, certaines pratiques telles que les régimes, les interdits alimentaires et les allergies amènent certaines personnes à manger seules et différemment. Allons-nous pour autant vers la fin du repas partagé ? Pour répondre à cette question, nous allons analyser comment notre société réagit face à la progression des alimentations particulières.

En France, comme dans beaucoup d’autres pays, le repas se prend ensemble. Le fait de manger suppose de se mettre en groupe et de partager des plaisirs à table. Dans la langue française, les étymologies de certains mots comme le buffet, le festin, les agapes, le cénacle, le copain évoquent le repas partagé à plusieurs. En effet, on invite volontiers une personne à manger pour tisser des liens avec elle. Dans le même temps, nos alimentations se sont fortement particularisées. Nous ne mangeons plus les mêmes choses à cause d’interdits alimentaires, d’allergies, de régimes… Chacun, pour des raisons valables ou farfelues, peut choisir ce qu’il mange. De prime abord, ces alimentations particulières paraissent même nuire à la commensalité. Cependant plusieurs indices semblent accréditer le contraire. On continue encore aujourd’hui à manger ensemble. Car manger à plusieurs fait partie de notre caractère social. Pour faire face, la société a su s’adapter : on mange ensemble mais chacun peut choisir ce qu’il met dans son assiette. Pour des raisons culturelles, les gens, même s’ils mangent différemment, gardent les mêmes horaires pour manger et surtout se retrouver. Les gens ont su également intégrer les habitudes alimentaires des autres. Il est courant de demander à une personne ses préférences alimentaires avant de l’inviter à un dîner. De même, lorsque l’on invite des personnes à manger, on fait en sorte de proposer des plats consensuels qui peuvent convenir au plus grand nombre de convives. Cela est particulièrement vrai en période de fêtes. A Noël par exemple, la tradition veut que le repas soit partagé en famille. Dans ces moments là, ce qui est recherché c’est d’être à table, de partager avec les siens et communier avec sa famille autour d’un copieux festin.

En définitive, les alimentations particulières se développent certes dans nos sociétés mais elles ne mettent aucunement en danger le fait de manger ensemble. Les hommes ont su s’adapter pour garder la commensalité.

4. Sujet 2: La télé-réalité et les séries romantiques font baisser la moyenne des élèves

Les élèves ont changé, les livres sont remplacés par l’ordinateur et les jeux de la cour de récréation ont laissé la place au téléphone portable. Ce sont les « enfants du numérique». Avec quelles conséquences négative ou positive sur les performances cognitives ou scolaires des élèves ? La pratique intensive de jeux vidéo améliore-t-elle certaines capacités cognitives comme on le dit parfois ? Le temps passé à téléphoner et échanger des SMS a-t-il des conséquences négatives sur les performances en lecture et en compréhension ? Bref, quelles sont les nouvelles habitudes de nos ados et les impacts éventuels sur leurs performances scolaires à l’ère du numérique ?
Selon une étude du ministère français de l’Éducation, réalisée par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), les jeux vidéo n’auraient aucun impact sur le résultat scolaire des élèves alors que la télé-réalité et les séries romantiques feraient baisser les moyennes.
À l’heure où les élèves ont remplacé les livres par les ordinateurs et les jeux dans la cour de récré par des smartphones, les chercheurs se sont demandé si les loisirs de plus en plus numériques des adolescents pouvaient avoir une influence sur leurs résultats scolaires, selon les résultats de l’étude.

Les loisirs préférés des ados
Les chercheurs se sont d’abord intéressés aux loisirs préférés des adolescents étudiés (27.000 Français de 14 ans et demi), leur demandant quelles activités ils pratiquaient « tous les jours ou presque ». On découvre que 79 % des ados écoutent de la musique, 78 % téléphonent ou envoient des SMS et 73 % communiquent via internet (Facebook ou autre). Tandis que regarder une télé-réalité est un loisir quotidien pour 42 % des élèves interrogés. Les chercheurs constatent que la plupart des loisirs sont aujourd’hui numériques… l’activité sportive n’étant pratiquée chaque jour que par 26 % de l’échantillon.

Parmi les activités pratiquées une à deux fois par semaine, sept sur huit sont numériques (musique, téléphone, télévision, internet). On constate également qu’une activité physique est pratiquée par 77 % des sondés dans cette catégorie. Arrivent ensuite quelques activités non numériques : voir des amis, discuter, se reposer, etc.

La lecture n’apparaît pas parmi les activités préférées des adolescents, mais ils apprécient cependant lire des magazines d’actualités ou des Bandes dessinées plus que des romans.

Des différences entre les filles et les garçons
Les chercheurs ont également constaté quelques différences entre les filles et les garçons. Si les garçons préfèrent l’action (jeux vidéo, films et BD), les filles préfèrent les émissions de télé-réalité (83 % contre 65 %) et les séries romantiques (55 % contre 20 %).

L’impact sur les résultats scolaires
Selon les chercheurs, il est clair que certains loisirs ont un impact positif ou négatif sur les performances scolaires, alors que d’autres sont neutres, comme les jeux vidéo ou le téléphone qui a une incidence faible. Sans surprise, la lecture est l’activité la plus bénéfique. Plus les jeunes la pratiquent, plus leur compréhension et leur connaissance scolaires augmentent. En revanche, le visionnage très fréquent des émissions de télé-réalité et des séries romantiques à un impact très négatif : moins 11 % en maths et moins 16 % pour les connaissances générales.

En comparant, les chercheurs ont constaté une différence des 35 % de connaissances entre les élèves qui lisent très fréquemment des romans et ceux qui regardent les programmes de télé-réalité tous les jours.

Un élève qui lit beaucoup aurait donc une moyenne de 14/20, alors qu’un élève « accro » à la télé-réalité aurait 8,4/20, selon l’étude. Si les résultats de cette étude sont interpellants, peut-être faudrait-il s’attarder également sur le rôle que jouent les parents dans le choix des loisirs. Un adolescent livré à lui-même sera peut-être plus facilement tenté par la télé-réalité et délaissera plus facilement ses travaux scolaires qu’un enfant suivi régulièrement par ses parents.

« Oui aux loisirs numériques à dose raisonnable, mais l’école reste la vraie source de stimulation du cerveau », conclut d’ailleurs l’étude.

QUESTIONS
Respect des consignes, orthographe, présentation : (5 points)

QUESTION 1 (5 points)
Dégagez les idées principales du texte en les reformulant sous une forme structurée et rédigée
CONSIGNES : rédigez votre réponse en 15 à 20 lignes
Evitez la paraphrase

QUESTION 2 (5 points)
Commentez cet extrait ci-dessous en vous servant du texte et de vos connaissances.
«En comparant, les chercheurs ont constaté une différence des 35 % de connaissances entre les élèves qui lisent très fréquemment des romans et ceux qui regardent les programmes de télé-réalité tous les jours. Un élève qui lit beaucoup aurait donc une moyenne de 14/20, alors qu’un élève « accro » à la télé-réalité aurait 8,4/20, selon l’étude. Si les résultats de cette étude sont interpellants, peut-être faudrait-il s’attarder également sur le rôle que jouent les parents dans le choix des loisirs. Un adolescent livré à lui-même sera peut-être plus facilement tenté par la télé-réalité et délaissera plus facilement ses travaux scolaires qu’un enfant suivi régulièrement par ses parents.»
CONSIGNES : rédigez votre réponse en 15 à 25 lignes

QUESTION 3 (5 points)
Selon les chercheurs, il est clair que certains loisirs ont un impact positif ou négatif sur les performances scolaires.
Les écrans ont-ils d’autres impacts connus sur les adolescents ?
Argumentez une réponse
CONSIGNES : rédigez votre réponse en 25 à 30 lignes

5. Corrigé-type 2: La télé-réalité et les séries romantiques font baisser la moyenne des élèves

Question : 1
Les loisirs des enfants ont changé. Avant, ils avaient les livres et les jeux dans la cour de l’école. Aujourd’hui, ils préfèrent jouer sur l’ordinateur et les smartphones. Une étude réalisée sur le sujet montre que les loisirs surtout numériques auraient des conséquences sur les résultats des élèves. En clair, contrairement aux jeux vidéo qui n’ont aucun impact sur les notes des élèves, la télé-réalité et les séries romantiques font nettement baisser la moyenne des écoliers. Un autre enseignement qu’apporte l’étude sur les préférences des ados en matière de loisirs : les adolescents ont une nette préférence pour les jeux numériques, loin devant la lecture.

En outre, les chercheurs ont constaté des disparités entre les filles et les garçons. Les garçons sont attirés par l’action et préfèrent naturellement les jeux vidéo, films. Les filles plébiscitent la téléréalité et les séries romantiques. Enfin, l’étude montre les bienfaits de la lecture. Pratiquée régulièrement, la lecture a des effets très positifs sur les résultats scolaires. Ainsi, les élèves qui lisent régulièrement ont de meilleurs résultats que ceux qui sont « accros » à la télé-réalité. Rien d’étonnant, si l’on considère qu’un enfant livré à lui-même et sans contrôle parental risque facilement de délaisser ses travaux scolaires et préférer passer du temps devant la télévision. la téléréalité.

Question : 2
Une étude vient de montrer que les élèves qui lisent possèdent 35% de connaissances en plus que ceux qui regardent régulièrement les émissions de télé-réalité. La lecture régulière est un excellent moyen pour faire progresser les notes des adolescents. La lecture est en effet connue comme un moyen de se cultiver, de développer ses connaissances. Lire permet de développer la maitrise de la langue, acquérir l’orthographe et la grammaire tout en étendant sa culture générale. Pour les adolescents, elle est le meilleur moyen d’optimiser les apprentissages, favorise le développement mental et la qualité de l’expression orale et écrite. Souvent, les enfants qui lisent sont ceux qui ont
des parents qui se soucient de leur réussite scolaire.

En revanche, pour un adolescent, regarder régulièrement des émissions de télé-réalité fait chuter notablement ses résultats scolaires. Ce qui peut s’expliquer facilement si l’on considère que les émissions de télé-réalité détournent des travaux scolaires. Regarder ce genre d’émissions est chronophage et surtout n’apporte aucune connaissance pertinente aux jeunes. En France, un débat a même eu lieu sur l’utilité de ce genre d’émissions et sur leur dangerosité pour la jeunesse. Nombreux sont ceux qui militent pour une interdiction pure et simple de ce genre d’émissions. Les émissions de télé-réalité sont connues comme un lieu où la langue française est massacrée. Seuls le divertissement et le spectaculaire sont mis en avant, la culture n’ayant aucune place dans ce genre d’émission.

Question : 3
Les écrans ont envahi nos vies, nous passons beaucoup de temps à regarder ces interfaces de toutes sortes. Pour les adolescents, la situation est encore pire car les écrans ont un impact souvent négatif sur les résultats scolaires. Faut-il pour autant avoir peur des écrans ?

Pour répondre à cette question, nous allons voir s’il existe d’autres impacts connus sur les adolescents.

Aujourd’hui, les loisirs des enfants ne sont plus les jeux collectifs et encore moins la lecture mais les jeux sur ordinateur ou smartphone. D’ailleurs, on parle d’enfants numériques pour désigner ces adolescents hyper connectés avec des conséquences plus ou moins négatives sur les résultats scolaires ou la vie sociale.

Pour le moment, tous les risques ne sont pas encore connus. Par conséquent, les professionnels adoptent le principe de précaution pour l’usage des écrans pour les adolescents. Cependant, il a été démontré que les écrans peuvent impacter durablement la socialisation des adolescents. Un jeune qui se renferme sur lui-même et se réfugie dans le monde virtuel risque de se détacher de ses amis et se désocialiser. Souvent, ces enfants sont solitaires et en échec scolaire. L’utilisation intensive des écrans a donc des conséquences psychologiques telles que l’appauvrissement de la mémoire ou encore des difficultés de concentration.

Les écrans peuvent aussi être dangereux pour la santé physique. Pour un adolescent, rester assis des heures devant un écran comporte des risques sanitaires. Les adolescents les plus « accros » aux écrans sont souvent sédentaires et font peu d’exercice, avec des risques d’obésité, un manque de conscience du bien-être et de l’hygiène du corps.

Récemment une étude d’une grande envergure a démontré que les écrans perturbent le sommeil des adolescents avec toutes les conséquences qui en découlent. Ainsi, 14 % des enfants d’âge scolaire ont des difficultés d’endormissement ou se réveillent en cours de nuit. Chez ces enfants, ce manque de sommeil augmente la fatigue et donc les difficultés d’apprentissage et les troubles du comportement.

En définitive, les impacts négatifs des écrans sur les adolescents ne font plus aucun doute. Les dangers des écrans sont à la fois sanitaires, psychologiques, sociaux. Face à ce constat, une réaction s’impose : au lieu d’interdire, il faut sensibiliser les adolescents sur les risques d’une utilisation quotidienne des écrans.

6. Sujet 3: Les enfants sauvages

Les « enfants sauvages » font partie de notre mythologie. On les imagine abandonnés au fond d’une lointaine forêt, ayant réussi à survivre seuls, ou parfois accompagnés de loups ou de singes. Mais les enfants sauvages existent-ils réellement ? Le plus célèbre d’entre eux fut Victor de l’Aveyron. La nouvelle de sa capture en 1800 avait mis en émoi toute l’Europe. On en a tiré des histoires, des films et des essais. Tout laisse à penser aujourd’hui que Victor était un « autiste » comme on dirait aujourd’hui. Il fut sans doute abandonné par ses parents et a erré quelque temps avant d’être recueilli. Ses signes de « sauvagerie » (repli sur soi, absence de langage, crises de colère, arriération mentale) indiquent qu’il n’était nullement un enfant élevé seul dans la nature. Comme l’avait déjà supposé Philippe Pinel, Victor souffrait d’un grave trouble psychiatrique qui l’avait exclu de la société. Le plus célèbre cas « d’enfants loups» remonte aux années 1920. Il s’agit de Kamala et Amala, deux petites soeurs trouvées dans une tanière et recueillies par le révérend Singh. Il a fallu attendre 2007 pour découvrir qu’il s’agissait en fait d’une énorme supercherie. Aucun des cas probables d’enfants sauvages n’a pu être confirmé. Il s’agit d’une mythologie moderne que les sciences humaines ont complaisamment admise parce qu’elle semblait confirmer l’une de ses idées fondatrices : les humains n’ont pas de nature et seule la culture modèle de leur conduite.

Les enfants-placards

Si les enfants-loups sont des mythes, il existe pourtant de vrais enfants sauvages. Ils vivent seuls, enfermés dans une pièce par des parents bourreaux : ce sont les « enfants-placards ». Ce fut le cas de Genie, petite martyre retrouvée à l’âge de treize ans, qui vivait depuis l’âge de deux ans dans une chambre. Ce fut le cas de ces milliers d’enfants roumains qui ont croupi dans des orphelinats insalubres, avec pour seul horizon les barreaux de leur lit. Ces enfants souffrent d’un mal que le psychologue René Spitz avait appelé « l’hospitalisme ».

Privés de contacts, d’échanges, de caresses, de regards, de mots, de sourires, ces enfants subissent de graves troubles de développement à la fois intellectuel, affectif et physique. Ces enfants martyrs nous apprennent une chose essentielle sur les humains. Elevé hors de tout échange avec ses semblables, l’enfant ne révèle pas une « nature humaine » à l’état vierge.

Il subit de graves séquelles qui en font un être mutilé. Il en va de même pour tous les mammifères sociaux : la chaleur des contacts est une condition essentielle de leur développement. Faut-il en conclure pour autant que c’est la société – socialisation, éducation, culture – qui « fabrique » l’être humain ? Ce n’est pas ce que nous enseignent ces autres enfants sauvages que sont les autistes.

Les autistes
Les autistes souffrent de graves déficits dans la communication, le langage et l’adaptation sociale. Ils vivent repliés sur eux-mêmes, comme enfermés dans leur bulle. Les causes de ce trouble n’ont pas encore été élucidées. Une chose est certaine : très tôt dans leur développement s’est déréglé un dispositif neuropsychologique qui affecte profondément la relation à autrui. Pour tenter de soigner l’autisme, de nombreuses méthodes ont été expérimentées. Certaines reposent sur une stimulation intensive.

Des équipes se relaient plusieurs par jours, parfois sept jours sur sept pour tenter de les éduquer et les socialiser. Les défenseurs de ces méthodes –fortement discutées – se prévalent de réels progrès. Mais une chose est sûre : même ses promoteurs ne prétendent pas guérir les autistes. Les contacts sociaux, même répétés de façon intensive, ne suffisent pas pour fabriquer « un humain normal » si un dispositif neurodéveloppemental a été altéré au départ.

Toute l’attention bienveillante des éducateurs et tout l’amour des parents auront le plus grand mal à tracer leur chemin dans des circuits neurologiques défectueux. Si le cerveau n’est pas équipé correctement pour capter les informations, les mots, les regards, les caresses qui s’adressent à lui, même une sollicitation intensive ne parviendra pas à combler totalement ce déficit.

D’un côté, les enfants-placards, qui ne se développent pas en l’absence de contacts sociaux, nous suggèrent que la société est indispensable pour fabriquer des humains ; de l’autre côté, les enfants autistes, bien que surstimulés, ne parviennent pas à se développer normalement. La société est donc une condition nécessaire mais non suffisante pour fabriquer un humain. Il faut aussi que le cerveau soit capable d’aller puiser dans son environnement les éléments nutritifs dont il a besoin pour s’épanouir. Tout cela suggère l’existence d’un processus de coproduction entre le cerveau et son milieu.

Elle pourrait être le produit d’une coévolution comme on en trouve fréquemment dans la nature. Prenons un exemple simple : celui d’une plante. Tout végétal – une rose, un saule pleureur ou une fougère – a besoin de lumière pour croître. C’est grâce aux photons de lumière que s’effectue la photosynthèse qui permet la construction du végétal. Ses feuilles vertes ne sont rien d’autres que des capteurs de lumière qui se déploient dans l’air à la recherche de photons lumineux. Si la lumière vient à manquer, alors la plante va dépérir et subir de graves dommages. Ce n’est pas le soleil qui fabrique la plante, mais il est un ingrédient essentiel à son développement. Il faut également que la graine fécondée possède en elle un « plan de développement » qui la pousse à aller chercher dans son environnement les éléments dont elle a besoin pour croître : les racines vont chercher l’eau, les feuilles la lumière. Le développement du cerveau semble guidé par un processus équivalent. Le cerveau humain doit déployer ses capteurs pour aller chercher dans l’environnement social les éléments dont il a besoin pour survivre. Pour cela, le bébé est équipé de tout un arsenal d’émotions sociales (attachement, empathie) et de modules cognitifs tournés vers la connaissance d’autrui (reconnaissance des visages, détection des intentions). Toutes ces motivations et aptitudes humaines ont fait l’objet de très nombreuses études ces dernières années. Si l’environnement vient à manquer, de graves perturbations se produisent : c’est l’enfant-placard. Inversement, si un dispositif de capture des informations sociales est défaillant, la socialisation ne peut se faire. C’est l’enfant autiste. Le cerveau et son milieu interagissent dans un processus de construction réciproque. Voilà la leçon des enfants sauvages.

QUESTIONS
Respect des consignes, orthographe, présentation : (5 points)

Question n°1
Résumez le texte en une dizaine de lignes. (5 points)

Question n°2
Selon vous, la « stimulation intensive » des enfants autistes est-elle une bonne méthode ? (5 points)

Question n°3
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile. A la lumière du texte et de vos connaissances, indiquez si c’est aux enfants handicapés de s’adapter à l’école ou si c’est à l’école de s’adapter aux handicaps de chacun. (5 points)

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